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MICRONOUVELLES et nouvelles brèves

  Je serais heureux de lire vos réactions.N'hésitez pas à me contacter par mail. Merci. Vincent Bastin

                 

     

Retrouvez les meilleurs auteurs de micronouvelles

sur le site des microphémérides

En ce moment, ne manquez pas les Microphémérides (éphémérides parodiques sur le modèle

de la micronouvelle) disponibles gratuitement sur www.nootilus.com/microphemeride/.

Les meilleurs auteurs du moment y publient des textes d'une qualité sensationnelle.
 

 

                                                                                                                                     NOUVEAU : LES MICROPHEMERIDES 2013

                                                                                                             SUR LE THEME DE L'UCHRONIE

Pour une définition et une première défense de la micronouvelle française

Le concept de "micro-littérature" [...] pourrait être une tendance forte de la littérature du XXIe siècle - Pr R. Marty (1)

        La littérature minimale est à la grande littérature ce que des bonsaïs sont à la forêt d’Amazonie : une exceptionnelle réussite de  

        miniaturisation d’un organisme vivant. Amadeo Zibaldone (1914-2005), sémiologue - Pr de litt. comparée à l’Université de Palerme 

 

Allons tout droit à l'essentiel : pourquoi prétendre que la micronouvelle (ou micro-nouvelle) est un genre à part entière et non une "petite nouvelle" ? Tout simplement pour les mêmes raisons qui font que la nouvelle n'est pas un "petit roman" ! Qui peut encore soutenir aujourd'hui devant les nouvellistes que leurs oeuvres ne sont que des sous-produits ? La technique de rédaction, les contraintes de style, la structure du texte, sa longueur, la mise en place de l'intrigue, la manière de présenter les personnages, leur nombre et leur psychologie sont autant de points que le roman ne partage pas avec la nouvelle ... et que la nouvelle ne partage pas avec la micronouvelle ! Pour donner une image, le roman vous fait visiter une maison : chaque pièce, chaque placard, les caves, les greniers, le jardin, le garage. La nouvelle vous invite à observer l'intérieur par une fenêtre ouverte. La micronouvelle, par le trou de la serrure ! La nouvelle et, en particulier, la nouvelle brève ou short story, ont déjà fait l'objet de plusieurs tentatives, plus ou moins réussies, de définition. La micronouvelle (esp : microconte ; angl : short-short story), parfois appelée aussi microroman, forme la plus concise de récit littéraire en prose, bien que parfois très proche de la poésie, s'en détache donc sensiblement. C'est Laurent Berthiaume et le collectif Oxymoron qui ont utilisé pour la première fois en 2007 le terme micronouvelle en intitulé d'une oeuvre littéraire pour désigner des textes ultra-courts de leur composition.

 

Sa principale caractéristique est de suggérer ou croquer d'un simple trait l'histoire                             

et les personnages plutôt que de les décrire. La micronouvelle fait donc appel à

la culture générale du lecteur et à ses facultés d'interprétation. Elle guide son

imagination de façon à ce qu'il puisse lui-même, in fine, retrouver les différents

composants du récit. C'est une des formes de littérature les plus exigeantes vis-

à-vis du lecteur car elle ne le laisse jamais passif. Elle ne se contente pas d'exposer

la pensée de l'auteur ; elle engage nécessairement la participation de son lecteur.

Elle se définit, par conséquent, et c'est là une de ses spécificités, comme un trait

d'union entre les deux. Le vocabulaire qu'elle utilise est soigneusement choisi                                                     

et réuni en une ou plusieurs phrases minutieusement travaillées. Elle aime parodier

les expressions courantes et se révèle assez souvent acide et cynique (sans pour                                                              

autant empiéter sur le domaine de l'histoire drôle populaire). Elle se prête fort bien           

à  l'humour noir et se croise volontiers avec la science-fiction, l'horreur et le                                                                                        fantastique. Isolée au sein d'une suite de nouvelles, elle a pour avantage de créer          

un rythme surprenant. Réunie en un recueil de plusieurs dizaines de microfictions,                                                         

elle arrive mieux que tout autre moyen d'expression à déstructurer la société ou     

certains de ses aspects (son histoire, ses contes de fées, sa structure familiale, ...)                                                 

                                                                                                                                                                          

Ernest Hemingway aurait été l'auteur, dans les années vingt, d'une micronouvelle                                       ICI : Téléchargez gratuitement  

de six mots bien connue et qui a influencé de nombreux écrivains : For sale : baby                                       des recueils de micronouvelles

shoes, never worn. L'analyse se révèle intéressante. Tout y est suggéré. Les  person-                                                           

-nages : la mère et l'enfant. L'histoire, en résumé : elle est enceinte et elle fait des

achats en prévision de la naissance. Elle perd l'enfant et décide de revendre ce qu'elle a acheté. Il semble néanmoins de plus en plus évident que Hemingway n'en ait jamais été le véritable auteur. Peut-être même s'agirait-il d'une véritable petite annonce ! (voir un article critique en anglais à ce sujet) Il demeure néanmoins reconnu comme père mythique de la micronouvelle moderne.


Dans la littérature hispanique, la micronouvelle a déjà acquis une certaine reconnaissance (Augusto Monterroso, El Dinosaurio ; Luís Felipe Lomelí, El Emigrante ; Alfredo Alamo ; José Luís Zarate ; Santiago Eximeno ; ...). Voir aussi : un article en catalan de la Biblioteca Joan Oliva i Milà. Dans la littérature anglo-américaine, citons, entre autres, Frederic Brown (micronouvelle The End), Raymond Carver et Robert Coover. Sean Hill, quant à lui, se plie aux contraintes de Twitter (voir le site) pour le nombre de caractères maximum de ses micronouvelles. Les Very Short Stories (Wired Magazine), fondées sur le principe de la nouvelle en six mots attribuée à Hemingway, ont largement contribué à la popularisation de la micronouvelle dans les pays anglophones. Leur influence est importante sur les micronouvellistes allemands (voir ci-après). Notons aussi la défense de la micronouvelle comme genre à part entière par des critiques littéraires comme Mary Louise Pratt (The Short Story: The Long and the Short of It, in The New Short Story Theories, éd. Charles May, Ohio UP, Athens, 1994) et Gitte Mose (Danish Short Shorts in the 1990s and the Jena-Romantic Fragments, in The Art of Brevity: Excursions in Short Fiction Theory and Analysis, éd. Per Winther, Jakob Lothe et Hans H. Skei, Université de Caroline du Sud, Columbia 2004).  En langue allemande, l'on notera l'apparition récente des Kurzgeschichten, dont les Acht-Wort-Geschichten, micronouvelles de huit mots exactement basées sur le schéma de Hemingway et du Wired Magazine, qui en sont encore à un stade expérimental.

 

Parmi les auteurs d'expression française, Félix Fénéon fait figure de précurseur avec les Nouvelles en trois lignes, articles parus dans la presse du début du XXe siècle et relatant avec beaucoup d'humour noir de véritables faits. On lui doit, par exemple : Elle tomba. Il plongea. Disparus (1906). Dans un registre plus contemporain, d'autres ont tenté de l'imiter : Christian Colombani, dans Le Monde (Au centre de Tachkent, le buste de Karl Marx a été remplacé par la statue de Tamerlan, héros national des Ouzbeks, tyran sanguinaire du XIV siècle) et , en 2009, Jean-Louis Bailly, dans le recueil les Nouvelles impassibles (Le crâne plus ras qu'une balle de tennis, le n° 1 thaïlandais, Danai Udomchoke, s'est fait moine dans l'espoir de progresser au classement de l'ATP). L'on ne peut trop recommander aussi la lecture des étincelants ouvrages de Jacques Fuentealba (dont Tout feu tout flamme et Invocations et autres élucubrations, sans compter son article consacré aux micronouvelles dans la revue  Delicious Paper) et des non moins réussies micronouvelles d'Olivier Gechter. En 2008, Timothée Rey gagne le Prix Pépin avec l'excellente micronouvelle Le développement du râble. Mon suicide, de Jean-Luc Caizergues (Flammarion, 2008), bien qu'étant d'une architecture plus poétique que prosaïque, s'apparente aussi à ce mouvement par son côté narratif (poésie-fiction) son humour noir, son souci de concision extrême et sa façon de déstructurer les rapports familiaux, père-fils en particulier. A noter aussi : les subtils et épatants poèmes la Mauvaise troupe, de Stéphane Bataillon. Au Canada, le courant micronouvelliste se développe autour de l'auteur lavallois Laurent Berthiaume qui donne la définition suivante de la micronouvelle : fiction littéraire, d’une centaine de mots ou moins, qui se termine par une chute. Concision oblige, le narrateur doit limiter son texte à l’essentiel, en accordant une place importante au non-dit. En quelques mots : camper un événement, un personnage, et surtout, un climat. Patient travail de concision, de ciselage littéraire, la micronouvelle demande un effort soutenu de réécriture. Avec Marie-Ginette Dagenais, Monique Joachim, Jeannine Lalonde, Christiane Lavoie et Thérèse Tousignant, il a publié Cent onze micronouvelles aux éd. Le grand fleuve, en 2007. En 2010, Jean-Michel Le Blanc (Sud-Ouest) et Jean-Yves Fréchette (Québec) fondent l'Institut de Twittérature comparée, qui fait la part belle aux micronouvelles de 140 caractères au maximum. Sites de J.-M. Le Blanc : Twitter (Centquarante) et Bordeaux : un tram, des brèves, des photos.


A épingler : La Micronouvelle, par Laurent Berthiaume ; l'article critique Les haïkus, Brown et Fénéon : ancêtres de Twitter (le phénomène de la twittérature), sur le site de Cyroul ; une expérience littéraire participative sur Facebook (le groupe Au bord du gouffre réuni autour de Pénélope Labruyère, où n'importe qui peut poster une micronouvelle commençant par ces même mots - une excellente initiative pour s'exercer à cet art et, pourquoi pas, se découvrir de nouveaux talents ; le forum Micronouvelles pour tous sur Grains de sel ; le dossier Micronouvelles : le poids des mots, petits mais costauds, in Black Mamba n° 18, par Jacques Fuentealba ; le Prosaïsme en poésie, par Gérald Purnelle, in Culture, le Magazine en ligne de l'Université de Liège ; Químicamente impuro, site argentin regroupant de nombreuses micronouvelles de qualité. De plus, les micronouvellistes de science-fiction ont, depuis quelques années, leur prix littéraire : le prix Pépin. De nombreuses micronouvelles peuvent être lues sur le site du concours.


  Remarque : les micronouvelles au sens de "nouvelles brèves"

                                  ou la confusion des genres


                                                                                             Les recueils de micronouvelles combinent parfois micronouvelles pures de 

                                                                                             quelques lignes et micronouvelles au sens de nouvelles brèves (nouvelles de

                                                                                             cinq pages au maximum). C'est bien entendu la liberté de l'auteur de

                                                                                             panacher les genres, par exemple pour créer une rupture dans le rythme.

                                                                                             Par contre, d'autres recueils de micronouvelles ne comportent tout   

                                                                                              simplement aucune micronouvelle au sens décrit ci-dessus mais uniquement

                                                                                             des nouvelles brèves. Dans ce cas, la soi-disant micronouvelle revêt les  

                                                                                             mêmes caractéristiques que la nouvelle.


                                                                                                                                                ----------------

                                                                                             (1) ARINO, Martine. Du local au global: "La perpignolade: un concept local -

                                                                                             Entretien avec le professeur Robert Marty", in Esprit critique, Automne 2003,

                                                                                             Vol.05, No.04,ISSN 1705-1045, consulté sur Internet:

                                                                                             http://www.espritcritique.fr 

                                                                                                           

      Mon article sur Félix Fénéon

Vincent Bastin

1er Prix 2013 de la nouvelle taurine de Mugron-

Prix 2012 de la meilleure nouvelle étrangère (peña de Mugron)

Prix Pépin du Public 2011 (micronouvelle)

Membre honoris causa du GAGB - Membre de l'ITC Bordeaux-Québec 

Finaliste du Tour des Mots 2009 et 2011 et du prix Vedrarias 2008

                               Le site des Microphémérides 2012

                                          (avec J. Fuentealba, V. Corlaix, O. Gechter, S. Eximeno, etc.)

 

 (Ce texte est disponible sous les termes de la

                                                                                                                                    Licence Creative Commons Paternité-Partage des

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